Vivre comme un arbre
seul et libre
Vivres en frères
comme les arbres
d’une forêt
Nâzim Hikmet
Ces mots décrivent deux besoins contradictoires fondamentaux qui caractérisent l’humain :
- le besoin de liberté individuelle et d’autonomie ET
- le besoin d’appartenance et de connexion à l’autre
mais engendrent en même temps un dilemme :
- se perdre en présence de l'autre OU
- perdre l'autre dans la tentative de se retrouver.
Le psychiatre et psychothérapeute systémique allemand Dr. Ero Langlotz a développé durant le premier confinement une constellation systémique sur table. Celle-ci permet de travailler en séance individuelle (face à face ou par écran) afin d’identifier son propre fonctionnement. C’est un travail thérapeutique bref qui permet une structuration par la libération de l’espace interne au niveau psychique, émotionnel et énergétique.
Exister séparément de l’autre est une capacité nécessaire pour grandir, mais elle peut être bloquée par des expériences traumatiques précoces, voir intra-utérins, la perte d'un proche, des expériences de violence psychique, physique.…..
En réponse à ces perturbations se crée un schéma symbiotique inconscient, ce qui est à l'origine des problèmes et conflits relationnels, mais aussi des troubles émotionnels allant jusqu'au burn-out, la dépression, le trouble borderline, l'addiction et la psychose.
Afin de sensibiliser le patient à ce schéma et de le résoudre, Dr. Ero Langlotz a combiné la constellation familiale avec des éléments de la psychologie de l’inconscient, de la gestalt-thérapie et de l’énergétique et a ainsi proposé un nouveau concept de thérapie :
L’ INTÉGRATION SYSTÉMIQUE DE SOI
Des dépendances existent et font partie de la vie: des parents, du professeur, de l’employeur, du partenaire… cependant des expériences traumatiques précoces ( par exemple une gestation ou une naissance compliquée, la perte précoce, la non-disponibilité d'une personne ressource dans l’enfance, la violence, etc....) créent une perturbation de la capacité de séparation de l’autre et un attachement insécurisant.
Le résultat de cette perturbation : un lien à soi perturbé, avec une sur-adaptation à l’autre et une dépendance affective néfaste : → l’auto-régulation est dysfonctionnelle
L’Intégration Systémique de Soi propose entre autre un « entraînement » à la différenciation de l’autre, permettant la perception d’un espace personnel intérieur, que la personne peut mettre en place et défendre sereinement. Ainsi le SOI peut se développer, se déployer et se différencier. La personne se connaît, elle connaît ses besoins, ses désirs, ses capacités et aussi ses limites et conséquemment elle peut vivre de manière autonome : → l’auto-régulation fonctionne
Une perturbation de l’auto-régulation se met en place durant l’enfance lorsque la différenciation de l’autre (le NON à l’autre) a été interdite ou impossible. Dans certains familles, des stratégies inconscientes sont développés qui suppriment le besoin d’autonomie de l’enfant au plus vite :
par la menace de privation d’amour ce qui crée un amour conditionnel
par la menace émotionnelle ce qui aide à installer la culpabilité chez l’enfant
L’enfant apprend dans cette famille qu’il n’est pas permis d’avoir sa limite propre à soi. Le SOI de l’enfant est alors mis à l’extérieur de son espace et l’enfant se structure à partir de quelque chose qu’il a introjecté de l’autre (père, mère, croyances,....).
Le résultat est …..une structuration symbiotique : «Je ne suis pas en contact avec moi-même, je m’oriente en fonction de quelque chose qui vient de l’extérieur, je suis donc conditionné de l’extérieur. » Il est bien entendu possible de survivre avec cette structuration, mais la vie vécue alors est bien en mode « Survie », et non une vie harmonieuse et auto-déterminée. Souvent cette structuration amène aussi un « sentiment de vide intérieur », car l’espace du SOI est peu investi, voir inconnu.
Dans les relations amoureuses ces personnes s’orientent inconsciemment plutôt en fonction des attentes de l’autre. Elles prennent cela pour de l’amour, une forme « d’amour » qu’elles attendent également en face. Et si l’autre ne répond pas de manière aussi inconditionnelle, il est vécu comme égoïste.
Cependant, cela n’est pas de l’amour, mais de la dépendance, le contraire de l’autonomie. La dépendance crée de la colère que la personne ne peut pas tourner contre l’autre par peur de le perdre. Alors elle retourne cette colère contre soi en développant un manque d’estime de soi, de la culpabilité, des dépressions, des peurs, des somatisations. …. Tout ça fait partie de la structuration symbiotique.
La symbiose crée également une forte ambivalence ( attirance - rejet, bon - mauvais, interdit - permis, etc.…). La personne ne peut pas dire toute sa vérité interne (ex : un ressenti considéré comme négatif), par peur de perdre l’amour de l’autre et par manque de solidité de l’amour de soi. En même temps, la personne ressent bien que quelque chose coince en elle, ce qui crée des tensions internes : la personne devient irritable et peu aimable.
Si je peux différencier entre ce que je suis et ce que je ne suis pas, je peux mettre à l’extérieur tout ce qui n’appartient pas à mon espace. Ainsi je sais, qui je suis et je peux aussi montrer à l’autre celui qui je suis vraiment, indépendamment du fait que l’autre m’aime pour ça ou non.
Des personnes qui se montrent de cette manière paraissent vraies et authentiques, ce qui est attirant. Ces personnes ne sont pas « simples à vivre », mais toujours très vivantes, car elles sont simplement VRAIES. Elles ont une joyeuse capacité de s’adapter aux changements au lieu de perdre de l’énergie à bouder, à se mettre en colère, à culpabiliser, juger etc. Créativité et amour de soi grandissants en sont les résultats. Cela donne de l’énergie et un sentiment grandissant de liberté. La rencontre avec l’autre se fait à hauteur des yeux et non à travers les névroses.
Dans la relation autonome, une séparation peut arriver, mais chacun est resté fidèle à soi, a gardé le respect pour soi et pour l’autre et peut sortir de la relation la tête haute. La douleur y est, c’est normal, ça en fait partie, mais il est possible de garder un lien amical par la suite.
Pour sortir de la symbiose et des ses effets, un rituel est proposé. Lors de ce rituel, des pions sont placés sur la table. Ceux-ci représentent différentes parts de soi, des introjects (croyances, faux-selfs, stratégies de défense), des éléments bloquants (répétitions, situations indésirables, maladies, blocages inconnus…), des traumas, des personnes extérieures.
Introduire une limite claire permet de différencier ce qui est à soi et ce qui ne l’est pas. Le constellant prend conscience de la confusion des espaces et rôles. Ensuite, à l’aide de l’accompagnateur en ISS, il trie et éloigne ce qui lui n’appartient pas et nettoie son espace personnel. Ceci permet à l’inconscient une représentation de soi différente, indépendamment de ce que la personne peut comprendre consciemment et de sa capacité à se représenter la symbiose ou à éprouver des émotions pendant le processus. Ainsi s’opère un changement, parfois subtil, souvent notable, dans le réel. Le trauma est reconnu, la personne a perçu et ressenti inconsciemment la réalité d’un espace à soi.
Quand les éléments bloquants sont éloignés, l’énergie qui était utilisée pour les maintenir en soi, peut être libérée. L’amour conditionnel peut se transformer petit à petit en un amour de soi et être investi dans une relation plus autonome, avec soi ET avec l’autre.
En somme, c’est un travail thérapeutique bref qui permet une structuration par la libération de l’espace interne au niveau psychique, émotionnel et énergétique.
Une séance dure entre 1h30 et 2h, elle est préparée par un questionnaire d’autonomie qui est à remplir avant la séance et qui est explicité pendant la séance. Un temps d’intégration de 3 semaines au moins est nécessaire avant de pouvoir faire autres séances en ISS. Tout ne se résout pas en une séance, cependant il s’agit d’un outil de changement puissant et des résultats sont perceptibles rapidement.
Pour plus d’informations (en allemand, anglais, espagnol, polonais, traduction française prochainement disponible) :
https://www.e-r-langlotz.de/methode-systemische-selbstintegration/systemische-selbst-integration/
Dirk GERLACH
Analyste Psycho-Organique
Thérapeute Psycho-Corporel
Accompagnateur en Intégration Systémique de Soi
Cabinet : 11 bis, rue du 4 Septembre 09100 PAMIERS
06 31 08 19 30
mail : artevitae@orange.fr
site : http://www.artevitae.org
Site de ma collègue Hanna-Paula GROTHENDIECK dans l'Aude (formé par Dr. Ero Langlotz)
https://hannapaula.fr/